HHC 2020 / ep.2 : YGIH 3.0, informer les enfants hospitalisés

Une équipe paramédicale pluridisciplinaire du CHU de Hautepierre et des étudiants développeurs de Ludus Académie ont décidé de mener à bien un projet d’application pour enfants hospitalisés, né lors d’un […]

Une équipe paramédicale pluridisciplinaire du CHU de Hautepierre et des étudiants développeurs de Ludus Académie ont décidé de mener à bien un projet d’application pour enfants hospitalisés, né lors d’un Hacking health camp; YGIH 3.0

En quelques clics sur leur tablette, les soignantes sélectionnent les examens que les enfants hospitalisés vont passer. Elles choisissent ensuite les procédures à expliquer : être à jeun, le transport au sein de l’hôpital, le fait de s’habiller et se déshabiller, de rester immobile… L’application YGIH 3.0 crée ainsi une série de mini-jeux qui retrace le parcours de soin de l’enfant.

« Ygih 3.0 signifie young gamer in hospital et le chiffre 3 fait référence aux enfants, aux parents et aux soignants. Elle a vraiment été créée pour être utilisée de cette manière »,

précise Claire-Charlotte Gaulier. Retour sur la création de ce projet avec l’équipe YGIH.

YGIH appli (2)

Comment avez-vous eu l’idée de cette application ?

Claire-Charlotte Gaulier, infirmière puéricultrice :

« Au sein du pôle médico-chirurgical de pédiatrie, nous travaillons sur la prise en charge de la douleur de l’enfant. Un enfant informé des examens médicaux qu’il va passer aura moins peur et donc moins mal. Il existe déjà des livrets d’information mais nous avions envie de quelque chose de plus ludique et interactif. »

Pourquoi participer au Hacking Health Camp (HHC) ?

« C’était l’occasion de rencontrer des professionnels du numérique mais on ne s’imaginait pas repartir avec un prototype et une équipe de développeurs en seulement un week-end. Nous avons aussi reçu le prix de la meilleure solution santé pour les patients. »

Que s’est-il passé après le HHC ?

« Nous avons obtenu le soutien de plusieurs associations (Arame, le Rotary, Franck et Pronto link for life) pour financer le développement d’YGIH 3.0. L’équipe de développeurs initiale n’a pas pu continuer le projet, nous avons alors pris contact avec Ludus Académie, l’école du serious game. »

Pourquoi avez-vous rejoint l’équipe YGIH 3.0 ?

Jean-Baptiste Caillaud, étudiant à Ludus Académie :

« L’idée de faire quelque chose pour aider ces enfants me plaisait. Et c’était un défi technique intéressant. » 

Florent Kleinclaus :

« Jean-Baptiste et moi terminons bientôt nos études, Hugo et Jeffrey prendront ensuite le relais sur YGIH 3.0. L’aspect transmission du projet et des compétences me plaisait aussi. »

Hugo Eitel :YGIH appli (3)

« C’était une opportunité d’acquérir de nouvelles compétences et d’avoir une expérience concrète. »

Jeffrey Zumkir :

« J’ai toujours eu envie d’aider les gens, travailler sur cette application me le permettait. »

Où en est le projet actuellement ?

Claire-Charlotte Gaulier :

« YGIH 3.0 présente 7 examens médicaux, à savoir l’échographie, radiographie, le bloc opératoire, l’IRM, la prise de sang, la cystographie et le petscan. »

Anne Zatti, infirmière puéricultrice :

« Nous avons conçu une grille d’évaluation comprenant des critères comme l’ergonomie, les graphismes, la facilité d’utilisation et la qualité de l’information transmise. Sur cette base, nous avons testé l’application au printemps 2019. »

Quels ont été les retours des parents et des enfants ?

Françoise Ezzinadi, infirmière puéricultrice :

« C’était très positif. Par exemple, un petit garçon m’a dit « avec ton jeu c’était chouette, car je savais ce qu’il fallait que je fasse »

Fabienne Meyer, cadre de santé puéricultrice :

« Les parents n’osent pas forcément poser des questions ou s’avèrent plus anxieux que leurs enfants. Avec YGIH 3.0, ils découvrent des choses avec leur enfant. Et si les parents sont rassurés, l’enfant l’est aussi. »

Côté soignantes, que vous a apporté le HHC et votre projet ?

Claire-Charlotte Gaulier :

« Déjà, cela a rendu possible quelque chose dont on rêvait ! »

Fabienne Meyer :

« Présenter un projet au HHC puis le développer était une première pour l’hôpital. Il y avait tout à inventer. Nous avions l’habitude de recevoir des étudiants en médecine mais pas des étudiants en développement par exemple. Il a fallu créer une convention spécifique, un cadre, des moments où les accueillir… »

Et côté développeurs ?

Jean-Baptiste Caillaud :

« On a tendance à « s’enfermer » dans nos programmes. Ce projet m’a permis de prendre du recul et voir comment les applications que l’on crée étaient utilisées. »

Florent Kleinclaus :

« Ca a aussi été une découverte d’un secteur qui n’est pas le nôtre et beaucoup de belles rencontres. »

L’équipe apporte actuellement les dernières modifications à l’application et espère la traduire dans d’autres langues. Il n’est pas prévu pour l’instant qu’elle soit disponible en téléchargement libre.

Article réalisé par Léa DAVY

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